dimanche 22 novembre 2015

Les affiches de films érotico-pornographiques des années 70

Un film porno est un long métrage présentant des actes sexuels non simulés sur grand écran.
Bien que des films pornos danois en 8mm soient commercialisés depuis la fin des années 60, le cinéma pornographique naît véritablement au début des années 70 avec le film américain DEEP THROAT (GORGE PROFONDE). Ce long métrage sorti en 1972 remporte un succès considérable et provoque la naissance d’une véritable industrie, de nombreux producteurs se ruant sur ce nouveau filon à exploiter.
Certains réalisateurs y voient l’occasion d’élaborer un nouveau type de cinéma, accordant un soin particulier au scénario, à la qualité de l’image et à la direction des comédien(ne)s.
En Allemagne, en Scandinavie et en France, des centaines de films pornos déferlent sur les écrans. En 1974, le film érotique français EMMANUELLE remporte lui aussi un succès planétaire. La frontière entre film érotique hard et film porno est souvent très floue. Mais cette année-là les productions de ce type représentent près de 30% des films montrés dans les salles françaises.
Le président nouvellement élu Giscard d’Estaing, qui avait pourtant promis de “supprimer la censure”, met alors en œuvre une nouvelle loi, dite “X”, qui sera appliquée à partir de 1976. Cette nouvelle réglementation instaure une classification des films, opérée par une commission émanant du Ministère de la Culture. Les films classés “X”, donc interdits aux mineurs, sont dès lors condamnés à n’être exploités que dans des salles spécialisées et surtaxées.
Le cinéma pornographique français se retrouve dès lors enfermé dans un véritable ghetto. La quantité et surtout la qualité des films du genre s’en ressent.

Cette pression accrue de la censure pousse certains producteurs à préférer des affiches délibérément “softs”, parfois sans aucune image, où seuls le titre et l’agencement des typos évoquent le caractère pornographique du film.

1. Les affiches américaines

Cette sélection présente des affiches américaines des années 70 et du début des années 80. La plupart sont dessinées dans un style hyper réaliste soft et suggestif, avec un grand soin accordé à la composition, aux couleurs souvent très vives, et aux typos. Ces dernières présentent la plupart du temps des lettres arrondies, parfois dans un style proche de celui des films de blaxploitation.
Il existait une classification “officielle” et légale des films, en fonction de l’âge des spectateurs, mais ce sont les producteurs qui ajoutaient eux-mêmes la lettre X sur leurs affiches, et la transformaient en argument commercial. Jouant sur la surenchère, ils n’hésitaient pas à indiquer “Adults Only X X” ou “Rated X X X”.






















2. Les affiches françaises

Ces affiches présentent une grande variété de styles.
La première d’entre elles, UN SOIR SUR LA PLAGE, montre en quoi consistait une affiche très vaguement érotisante (une femme avec les cheveux non attachés, vue de profil avec une combinaison moulante) en 1961. La surveillance de l’Eglise et des ligues morales exercait alors une pression considérable sur la programmation des salles de cinéma.
Au cours des années 60, l’érotisme d’abord progressivement distillé dans des films de genre (e.a. films d’horreur et polars sexys) prepare déjà le terrain de la pornographie qui arrive en France au début des années 70. S’ensuivent alors des affiches souvent dessinées, dans des couleurs vives, mais nettement moins élaborées que les affiches américaines. On y retrouve l’esprit des affiches de films dits de “série B” (films de genre à petits budgets) : économie de moyens, efficacité et absence de fioritures. Le titre, souvent tracé à la main, est fréquemment composé de lettres rondes. Les autres informations figurent en caractères mécaniques, Helvetica ou Cooper, déjà très utilisés à l’époque. A noter : l’affiche du film “Q” de Jean-François Davy, un des plus célèbres réalisateurs de pornos de l’époque. Ce dessin de lettre sera pratiquement repris tel quel en tant que logo par l’entreprise belge Quick.





















3. Les pavés de presse belges et français

Le pavé de presse était un dessin en noir et blanc très simple. Il était publié dans les journaux du mercredi, jour de sortie des nouveaux films. Son but était de “vendre” le film le plus efficacement possible, mais en utilisant des moyens et un espace très réduits : dessin suggestif, jeux de typos, slogans accrocheurs.
Les premiers pavés présentés sont ceux de films “osés” ou “coquins” du début des années 60, qui ouvrirent la voie aux pavés pornos des années 70.











4. Les affiches typos françaises

Après l’avénement de la loi X et dans le but d’éviter les foudres de la censure (pouvant aller jusqu’à une interdiction totale), certains producteurs distribuaient leurs films avec des affiches ne comprenant que des typos, parfois agrémentées d’une silhouette suggestive. Cet exercice de style à priori aride donne pourtant naissance à un style très pop, énergique et coloré. On pense inévitablement aux boîtes de savon Brillo d’Andy Warhol.






















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